Les traitements généraux

Lorsque le cancer progresse à distance de son organe de départ, ou pour prévenir cette évolution, des traitements généraux (= systémiques) peuvent être proposés : chimiothérapie, hormonothérapie, traitements ciblés, traitements antiangiogéniques et immunothérapie. La meilleure connaissance de la biologie des cancers en général et de celui du patient en particulier permettent d’en préciser les indications. Les innovations thérapeutiques sont nombreuses d’en un domaine en renouveau permanent :

Les deux grands types de traitement utilisés actuellement en cancérologie sont les « chimiothérapies » et les « thérapies ciblées ». Un troisième, plus récent et très prometteur, est l’ « immunothérapie ».

Des progrès constants sont réalisés grâce à la recherche fondamentale et son transfert en recherche clinique.

Foire aux questions

En cancérologie, le terme chimiothérapie fait référence aux médicaments qui agissent sur les cellules tumorales pour les empêcher de se multiplier en altérant les processus de réplication de leur matériel génétique.
Le plus souvent, les chimiothérapies sont administrées par voie intraveineuse par le biais d’un cathéter central (également appelé « chambre implantable » ou « Porth-a-Cath », cf. rubrique correspondante) en hôpital de jour ou en hospitalisation conventionnelle, 1 à 4 fois par mois, à intervalles réguliers.
Avant chaque administration de chimiothérapie, il est nécessaire de vérifier que les conditions requises sont remplies pour que vous puissiez le recevoir en sécurité, en évaluant notamment la tolérance de l’administration précédente, votre état de forme générale, votre poids, et votre bilan sanguin récent (moins de 48h avant la date prévue d’administration).
Le traitement qui est choisi est celui qui semble le plus approprié pour vous, en prenant en compte le type de cancer, l’organe à partir duquel il s’est développé, le(s) autre(s) organe(s) dans le(s)quel(s) il s’est éventuellement développé. Plusieurs cycles sont administrés avant de faire un bilan pouvant permettre de juger de son efficacité.

Dans ce cas elles sont à prendre une ou deux fois par jour, de manière continue ou discontinue (par exemple deux semaines sur trois). Elles nécessitent les mêmes précautions que les chimiothérapies administrées par voie intraveineuse. Quelques précautions indispensables supplémentaires :
– toute prise de nouveau médicament doit être signalée à votre oncologue, afin de vérifier que votre chimiothérapie orale ne fait pas de « mauvais ménage » avec le médicament en question
– ne JAMAIS dépasser la dose de chimiothérapie prescrite par prise même en cas d’oubli d’une prise. Un oubli n’est pas grave, il ne doit JAMAIS être rattrapé.

Cette chimiothérapie est administrée avant le traitement local d’un cancer qui, généralement, est localisé.
Elle sert parfois à facilité le traitement local (chirurgie et/ou radiothérapie) en faisant diminuer le volume tumoral. Elle vise aussi à éradiquer les éventuelles cellules qui seraient aller se fixer à distance et qui, si elles se multipliaient, seraient à l’origine de métastases. Enfin, et cela peut être utile pour l’adaptation des traitements ultérieurs, elle offre la possibilité de juger in-situ (c’est à dire directement sur le patient) de la sensibilité des cellules cancéreuses à des médicaments.

NB : il peut parfois être envisager le recours à des traitements néoadjuvants par hormonothérapie ou plus locaux tels que l’embolisation ou la radiothérapie

Cette chimiothérapie est administrée après le traitement local d’un cancer qui ne présente pas de métastases visibles.

Son but est d’augment les chances que le cancer ne reviennent pas (au niveau de l’organe traité mais surtout à distance).

La chimiothérapie vise à stopper l’évolution du cancer et, dans certains cas, peut le guérir. Parfois aussi, malheureusement, son effet n’est que transitoire et il faut envisager soit d’autres lignes de traitements sytémiques (chimiothérapie, traitement ciblé ou immunothérapie), soit une prise en charge exclusivement symptomatique du cancer.

Certains sont spécifiques à certains médicaments, d’autres sont plus fréquemment rencontrés :
– La fièvre : il est nécessaire de disposer d’un thermomètre chez soi. Les chimiothérapies peuvent réduire le nombre de globules blancs, et sensibiliser votre corps aux infections. En cas de sensation de fièvre, il faut prendre votre température avec un thermomètre. La fièvre c’est : plus de 38,3°C à une reprise, ou plus de 38,1°C à deux reprises espacées d’au moins une demi-heure. Que faire en cas de fièvre ?
o Heures ouvrables :
 Contacter votre cancérologue ou votre médecin généraliste
 Faire une prise de sang avec « numération formule sanguine » le jour même pour connaître votre taux de globules blancs
o Nuit et jours fériés : consulter aux urgences

En effet si votre taux de globules blancs est bas (leucocytes <1500/mm3 ou polynucléaires neutrophiles<500/mm3), l’administration d’antibiotiques le jour même est nécessaire.

– les nausées et vomissements : il existe désormais de puissants médicaments permettant de les réduire fortement. Un traitement préventif vous sera prescrit par votre cancérologue, et celui-ci sera ensuite adapté au fur et à mesure

– la chute des cheveux ou « alopécie » : elle peut être partielle ou totale, elle est réversible dans la très grande majorité des cas. Les cheveux peuvent repousser avec un aspect identique ou différent de l’aspect antérieur. Une consultation avec une esthéticienne peut vous être proposée à la clinique afin que vous puissiez anticiper et vous adapter au mieux à cette chute de cheveux.

Ils sont généralement en rapport avec le mécanisme d’action de la thérapie ciblée qui vous est proposée. Par exemple si un traitement visant à réduire le développement de vaisseaux sanguins par les cellules tumorales ou traitement « anti-angiogénique » vous est administré, votre cancérologue vous demandera de prendre régulièrement votre pression artérielle car celle-ci pourrait être majorée par le traitement, et parfois nécessiter un traitement spécifique.

L’immunothérapie, classe particulière et récente de thérapie ciblée, a pour objectif de permettre à votre système immunitaire de mieux participer au traitement de votre cancer. En effet, dans bon nombre de cas, les cellules cancéreuses « corrompent » le système immunitaire de l’hôte afin que celui-ci n’agisse pas contre elles. Le principe de l’immunothérapie est d’empêcher cette forme de « corruption » afin que le système immunitaire puisse agir contre les cellules tumorales.
L’immunothérapie peut être utilisée dans certaines maladies et dans certaines situations qui ont fait l’objet « d’Autorisation de Mise sur le Marché » (AMM) ou dans le cadre d’essais thérapeutiques.

Il est possible d’observer certaines manifestations liées à la réactivation du système immunitaire.

En association entre eux
Il est fréquent d’associer deux ou plusieurs traitements, chimiothérapie conventionnelle ou thérapie ciblée afin d’en potentialiser les effets.

En association avec la radiothérapie
Dans ce cas l’objectif est de pré-sensibiliser les cellules cancéreuses à l’action de la radiothérapie, afin d’en potentialiser l’effet. Le traitement associé choisi par votre radiothérapeute peut être administré par voie orale ou par voie intraveineuse.
Avec la chirurgie
– avant la chirurgie, chimiothérapie dite « chimiothérapie néo-adjuvante » : l’objectif est alors de réduire le volume de la tumeur afin de pouvoir opérer dans de meilleures conditions
– après la chirurgie, chimiothérapie « adjuvante » : l’objectif est alors de réduire au maximum le risque de rechute de la maladie, qui peut exister même si la chirurgie a permis de retirer l’intégralité de la tumeur cancéreuse.
Avec l’hormonothérapie
L’objectif est alors de potentialiser les effets de ces deux traitements.

Le traitement qui vous est administré peut être fatiguant. Il peut être conseillé de prévoir des périodes de repos, particulièrement dans les 5 à 10 jours qui suivent celui-ci. Il peut vous être proposé un séjour en soins de suite et de réadaptation peut vous être proposé au décours de votre traitement. Une activité physique même modérée est conseillée afin de lutter contre la fatigue et d’améliorer la tolérance des traitements.

Il n’y a pas de contre-indication médicale à la poursuite d’une activité professionnelle pendant votre traitement, mais il est généralement conseillé de prévoir un arrêt ou une réduction du temps de travail, et si possible d’anticiper la possibilité de s’absenter de son travail sans difficulté, ou de prévoir la possibilité de travailler à partir de chez soi.

Il n’y a aucune recommandation particulière concernant la vie sociale à observer pendant votre traitement. Il est préférable de limiter le contact avec les personnes présentant une maladie contagieuse (rhume par exemple), afin de limiter la fatigue surajoutée éventuelle.

Il est possible de voyager pendant votre traitement mais il est conseillé au préalable de savoir comment vous tolérez le traitement, c’est-à-dire de ne partir éventuellement qu’après le deuxième traitement, de prévoir éventuellement une assurance pour votre rapatriement en cas de nécessité, de partir avec les éléments résumant votre maladie et les traitements reçus, et d’identifier à l’avance quel médecin ou quelle structure de santé pourrait vous accueillir en cas de nécessité.